Jeudi 25 juin

Nous sommes arrivés sur Nuku-Hiva hier soir. La baie est splendide. Les îles de Nuku-Hiva et Hiva Oa sont différentes. Je reviendrai plus tard sur Nuku-Hiva.

Hiva Oa est une petite île et le bourg est en retrait de la plage principale. C'est l'île où Brel et Gauguin ont laissé la marque de leur passage. L'île est peuplée plutôt "baba cool". Grâce à notre hôte David, qui fait aussi des guitares, c'est un luthier reconnu, nous avons été à des soirées, des après-midis barbecue dans différentes villas, souvent nichées en haut d'un rocher escarpé. Les gens, les français d'origine, étaient souvent là depuis 25 ans, avec un mode de vie très proche du mode de vie hippie. David et sa famille, eux-mêmes, vivent dans un maison en bois, totalement ouverte sur l'extérieur, sans volets, sans véritable porte, avec un éclairage sommaire, des pièces communicantes. Les voiliers sont actuellement à Nuku-Hiva, à cause du covid encore, et les bateaux ont déserté Hiva Oa. Ils sont pourtant la porte de communication avec le monde. Hiva Oa est un monde à part. Hiva Oa est une des îles les plus éloignées d'une terre. Cela se sent dans la mentalité des habitants, qui se vivent comme ayant échappé à la civilisation et ses contraintes, réinventant ses propres lois, sa musique, son mode de vie.

Nous avons déjeuné à la roulotte sur la plage qui propose le poisson grillé du jour, excellent, avec de la citronnade. Le citron est local, abondant et délicieux. Le reggae est musique locale, version paroles polynésiennes.

J'ai accompagné Sandra un matin à son travail au sémaphore, avec la land rover, ça tournait dans les virages, il fallait s'accrocher, elle devait faire l'inventaire, il n'y a plus d'arrivage de bateaux, et j'en ai profité pour faire des croquis. Le paysage est époustanflant.

Je garderai d'Hiva Oa l'image d'un petit bourg, avec ses deux ou trois magasins superettes qui fournissent tout (même les vêtements, les habitants commandent sur internet quand ils veulent quelque chose de particulier. Un livre met 3 semaines à arriver par Amazone.), son musée Gauguin et Brel, son centre d'artisanat, sa belle place reconstituée à la marquisienne avec des toits en pandanus, ses voitures pick-up (4x4 indispensable sur les chemin de l'île). Je me souviendrai de Sandra et David, de Clémentine aussi, la couturière de l'île qui m'a cousu une robe et pourrait m'en coudre d'autres en me les envoyant sur Papeete (j'adorerais), d'Alex ex-militaire qui a tout plaqué et vit de son jardin, de Kathlin, américaine volubile et professeur d'arts plastiques, descendue de son voilier pour ne jamais repartir, de Pierre prof de gym qui fait aussi chambre d'hôte dans sa jolie villa avec piscine et qui est aussi champion de billard, de Jean-Michel qui montait la côte à vélo dans une pente de montagne pour venir à la fête, de Véronique la coiffeuse que j'ai croisée ensuite dans le bourg avec ses cheveux longs blonds, d'Alain le jeune marquisien dresseur de chevaux si costaud avec ses tatouages et si souriant, et de tous les autres ... Quel accueil ! Merci à tous !